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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

¡Próxima estación... Ecuador! | 15 décembre 2006


 



Demain soir, 19h30, je monte dans le bus, direction Piura, tout au Nord du Pérou... Si tout va bien, j'y arriverais le dimanche vers 10h30, et c'est ici que l'aventure commencera! Jusqu'au 5 janvier... Je retrouverais sans doute Robin à Quito, le mercredi 20, et puis après, on verra bien! Je vais faire en sorte de vous donner quelques nouvelles pendant le voyage... A bientôt!

Publié par gaspalima à 22:16:14 dans - Escapades | Commentaires (0) |

Petit rapport de stage... | 15 décembre 2006

Tout de même! J'en suis au deux tiers du parcours environ et j'ai l'impression d'en avoir très peu parlé. Je vais donc essayer de résumer au mieux ce qui s'est passé jusqu'ici, et en toute franchise.
Tout d'abord, je suis arrivé début octobre dans un structure religieuse, la Congrégation du Buen Pastor (présente partout dans le monde et dont la maison mère se trouve en France, à Angers), qui ne recevait des stagiaires que depuis trois mois. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs fait un travail de volontariat. Mais moi, mon objectif était tout autre, ma mission initiale étant de créer une structure de micro crédit. Quelle utopie !
Pour ma part, j'ai visité quatre des cinq ou six institutions du Bon Pasteur à Lima :
-         Le foyer Reyna de la Paz, qui accueille les mères adolescentes (et leurs enfants) et les forment, par le biais d'ateliers quotidiens, à la création de vêtements, à la cuisine et à la pâtisserie, à la coiffure, à la cosmétique ou à l'informatique selon leur choix.
-         Domi, une structure d'accueil pour adolescentes abandonnées, bien souvent à la rue et toxicomanes. Ces deux structures travaillent directement avec le gouvernement. Elles ont un véritable rôle de service public que le public ne peut pas offrir.
-         Le Collège Santa Maria Eufrasia, pour filles de bonnes familles ; c'est ici que vit ma maître de stage, et cette école permet à la Congrégation de récolter quelques sous. J'y ai parfois donné des cours de français, le samedi matin (classes de 15 à 20 filles ayant de 6 à 40 ans !).
-         Le foyer du Cerro El Pino, cette fameuse colline bidonville. Il ouvre tous les jours à 15h, et offre un espace aux enfants du quartier pour faire leurs devoirs, puis jouer. S'y déroulent aussi des activités d'hydroponie, des cours pour les adultes, et bien sûr, du catéchisme. Depuis peu, le foyer abrite une petite tienda, une boutique tenue par cinq jeunes et qui vend des boissons fraîches, des glaces, et toutes sortes de babioles confectionnées par leurs soins.

En tant que pur volontaire, il y a donc de quoi faire. Mais ce n'est pas exactement ce pour quoi j'étais venu. Or dès le mois de janvier, d'autres stagiaires vont arriver, et d'autres encore en juin, et ainsi de suite. Les sœurs, bien qu'enthousiastes, se sont vite avérées peu aptes à nous conseiller et à nous épauler dans la définition de nos projets, il a donc fallu avant tout imaginer la création d'une structure plus ou moins autonome, capable d'aider les stagiaires à réaliser leurs objectifs et de remédier au problème des rapides transitions dans les effectifs. Et capable aussi, en tant qu'association, de contourner certaines limites législatives contraignant la Congrégation. Ainsi est née l'idée de la création du Centre de Projets du Bon Pasteur.

Pour ça, nous avons eu la chance de nous faire mettre à disposition dès le début une grande maison, à Salamanca, ayant la capacité d'héberger 5 à 8 personnes (j'y vis en ce moment) et dans lequel nous avons pu installer le bureau. Le matériel tarde à arriver, bien sûr... L'ordinateur a mis deux mois, le temps qu'une entreprise finisse par nous l'offrir. Internet suivra, je l'espère. Bref, en ce qui concerne ce Centre, le travail se résume à :
-         la rédaction des statuts pour la création d'une association et le dépôt. A l'heure actuelle nous attendons le verdict de l'avocat ami des sœurs qui doit nous approuver tout ça mais qui traîne ;
-         la rédaction du mode de fonctionnement, la création d'archives comprenant tous les projets rédigés mais pour lesquels le temps nous manque, tous les contacts que nous avons rencontré (et ça croyez-moi, dans une grande ville inconnue et si bordélique, ça prend un temps et une énergie monstre), la création d'une page Web bilingue (elle est prête et n'attend qu'à être mise en ligne, ce qui ne serait tarder), bref, faire en sorte que les nouveaux venus n'aient pas à refaire tout ce que l'on a déjà fait, malgré notre départ.

 Parallèlement à tout ça, au Cerro El Pino, est venue l'envie de s'investir dans l'amélioration des conditions de vie. Or le problème qui paraît être le plus important est celui des ordures... Elles jonchent le sol et la municipalité de La Victoria ne fait rien pour changer les choses... Pas de camions poubelles, ni même de poubelles d'ailleurs. Il a donc fallu avant tout aller à la rencontre des gens, des responsables, essayer de comprendre comment se structurait cette communauté de 20 000 habitants. Pour le coup, on a rencontré du monde ! La Junta directiva, le Secrétariat Général, la Mesa de Concertación, le Centre de Santé, le Collège, le Vaso de Leche, Manthoc... Le problème est qu'à chaque fois, un élément nouveau venait remettre en question notre projet, lui-même construit au fil des rencontres... Puis vinrent la visite de la Victoria (lire « Le plastique c'est fantastique »), et enfin les rencontres de Señor Armas (candidat déchu aux municipales du 19 novembre et PDG de Motores Peruanos), de l'ONG Ciudad Saludable (lire « Ciudad Saludable ») et de l'ASOPROTEC... Trois institutions en train de monter un grand projet de récupération des ordures aux Cerro El Pino... ! Tant d'efforts pour apprendre ça au final. Evidemment, ça a été fantastique de savoir qu'il y aurait une continuité dans nos efforts. Mais si nous avions eu vent plus tôt de l'existence de ces acteurs, que de temps nous aurions gagné !

Le temps ayant justement déjà bien passé, nous avons décidé d'organiser un ultime évènement et de le préparer au mieux possible : La Gran Feria de Limpieza del Cerro, prévue le samedi 13 janvier 2007. Nous avons donc convoqué toutes les institutions rencontrées, peu sont venues mais les deux plus importantes y étaient, et ensemble nous sommes en train d'imaginer cet évènement, qui a pour but non seulement de nettoyer tant que possible la colline, mais surtout de conscientiser et de fédérer une frange de la population autour de cette problématique. Campagne d'information (affiches et porte à porte, voire convocation de la presse), et pétitions sont notamment au programme (pour avoir l'appui de la municipalité). Les idées, l'énergie et le temps ne manquent pas pour faire de cet évènement une réussite. Par ailleurs nous essayons de sensibiliser les enfants du foyer de la congrégation, qui s'avèrent encore bien jeunes...

 Voilà pour le bilan. Il faut savoir que lâchés ainsi dans la nature, sans compte à rendre à personne ou presque, l'efficacité n'est pas notre pain quotidien ! Les moments de découragement sont nombreux mais globalement, je suis pour ma part satisfait des choses réalisées et de ce que j'ai appris. Mes conversations avec ma maître de stage m'ont montré qu'elle aussi l'était. Je vais prendre trois semaines de vacances à présent et le mois de janvier va servir à boucler tout ça, et à apporter mon aide plus directe au foyer du Cerro El Pino, qui en a grandement besoin en période de vacances d'été (de mi-décembre à début mars). Mais par contre, j'ai définitivement pris la décision de signer une nouvelle convention à partir de février, et pour les quatre mois suivants, dans un organisme plus structuré, apte à me proposer un véritable plan de travail. J'ai justement un contact très sérieux avec une ONG qui s'appelle ADEHR, basée à Ayacucho (berceau du terrorisme du Sentier Lumineux dans les années 1980 et 90) et qui effectue un travail double : promotion des droits des victimes, oubliées par le gouvernement, et travail de mémoire (recueil de témoignages, écriture d'un livre, ouverture d'un musée, installation de plaques commémoratives etc...). Ce sont surtout des avocats qui y travaillent. Le rôle que je pourrais y tenir est encore bien vague, mais une avocate me propose de passer le mois de janvier à le définir et à dresser un plan de travail... C'est encore très frais (je l'ai rencontrée mardi seulement), affaire à suivre ! Voilà c'est fini, merci à ceux qui sont allés au bout de ce long texte !
 

Publié par gaspalima à 22:05:46 dans - Mon stage | Commentaires (0) |

La Caleta Vidal | 10 décembre 2006

Vendredi, fête de l'Immaculée Conception, jour férié. Jeudi, comme le gouvernement en a à distribuer, jour férié, également. Jeudi soir, grosse soirée. Comme il se doit. Arrivée chez moi vers 8h du matin ; 10h à Miraflorès ; 11h, on est prêts, les courses sont faites, la tente et le sac de couchage sur le dos, on part deux jours camper sur une plage du Nord, à quelques 180 km de Lima... Arrivée 16h, et oui le Pérou est bien loin du TGV... La Caleta Vidal.
 
            Petit village de bord de mer, de pêcheurs, petit village tout de sable vêtu, havre de paix, ambiance quasi-mystique à la nuit venue... Rafael, Katy et Mauricio, trois amis de longue date, cinquantenaires qui vivent ici une partie de l'année, nous accueillent au crépuscule, après la plage ; ils nous offrent le dîner, l'hébergement et nous racontent la vie et les personnages du village...
 
            Le sempiternel nu-pieds, qui le jour où il a porté sa première et unique paire de chaussures, a fait quinze fois le tour de la place du village en fixant ses pieds, avant de finalement se déchausser et de jeter les zapatos lacées ensemble ; elles sont restées plusieurs semaines accrochées aux fils électriques, entre deux poteaux.
            Le vieil avare qui se fait passer pour un fou, les multiples couples liméniens qui se sont rencontrés dans ce village envoûtant, le jour où l'électricité est arrivée, puis l'éclairage public, les parties de pêche, les fêtes traditionnelles, les réveillons, l'anniversaire du vieux Juan qui ce jour-là a porté crânement sa première cravate... Voilà pour le vendredi.
            Au passage, Mauricio m'a fait cadeau d'une toute petite amphore trouvée dans les parages au milieu de milles et une merveilles datant d'avant l'an 0...
            Le jeudi, on est allés à Caral. Au kilomètre 184 de la Panaméricana Norte, se trouve le chemin qui mène à la ville la plus ancienne de toute l'Amérique... Une heure et demie de piste à 8 dans un taxi 5 places (23 km) pour remonter 4900 ans d'histoire... Indiqué dans aucun des guides que j'ai parcouru jusqu'à présent, le site est perdu au milieu du désert.
 
 Une bonne heure de visite, puis nous sommes allés un peu plus loin, dans le village de Caral, où ont lieu les fêtes annuelles à cette période. Habits traditionnels indiens, musique et danses, nous sommes vite invités sur la piste sableuse, la troupe se déplace de maison en maison pour la célébration... La Chicha Jora (boisson de maïs faiblement alcoolisée) ne m'aide pas particulièrement à m'endiabler mais le résultat a le mérite de faire rire les autochtones !
            Après l'épisode Caral, nous sommes retournés à la Caleta, histoire de profiter un peu de la plage, de prendre en se qui me concerne mon tout premier bain dans un Pacifique glacé (les courants chauds sont bien plus au Nord), avant de regagner Lima en début de soirée, en bus après une tentative de stop ratée...
 
            Voilà le bilan de deux jours hors de Lima avec de vrais liméniens, très vite passés mais si dépaysant...
            Les photos sont sur votre droite... !



Publié par gaspalima à 22:58:37 dans - Escapades | Commentaires (0) |

Les combis de Lima | 10 décembre 2006


 

Pour aller d'un point à l'autre dans la gigantissime ville de Lima, et d'ailleurs comme dans n'importe quelle ville, on se tourne vers les transports en commun... Mais ici, c'est un monde à part! Déjà, l'on a systématiquement affaire à des compagnies privées... Ce qui fait que, comme si cela partait d'un consensus commun entre concurrents, les véhicules ont en moyenne une quinzaine d'année... La majorité sont des petits combis Toyota, dans lesquels on rentrerait à 7 chez nous tout au plus ; inutile de vous dire comme l'on s'y entasse ici!
Toujours deux mecs de la compagnie : un qui conduit, l'autre qui recrute! Debout contre la porte coulissante, il s'époumone à faire sa pub, "Javier Prado Javier Prado, toda La Marina, Arequipa, todo Arequipa"... et j'en passe! Les gens arrêtent la vieille carcasse sur simple signe de la main, ce sur quoi le rabatteur enchaine par un "sube, sube" pressant (montez, montez)... Pour descendre, meme genre de mic-mac : chacun annonce a son tour "Baja, baja... a la ezquina baja... banco baja... Plaza Vea baja"!
Bref chaque déplacement est un véritable voyage, d'autant plus que bien souvent, ca prend une bonne heure ; on observe sans se lasser toute cette animation et les gens, l'un qui dort (il y en a toujours un ou une pour dormir!), l'autre qui se précipite à la porte du combi, au feu rouge, pour héler le vendeur d'ananas, et puis les multiples vendeurs de bonbons qui montent dans le véhicule... Chacun déballe son discours appitoyant, certains sont plus originaux que d'autres, alors en fonction de ça, on achète ou non...
Et puis dehors, c'est le chaos, les klaxons retentissent de partout, les petits combis se faufilent entre les lignes, grillent la politesse, et continue de héler tous les passants pour pouvoir amasser quelques piécettes en plus, contre le "pasaje"... Toutes les dix ou quinze minutes, un individu posté à un carrefour annonce au rabatteur son score : 7 minutos ; 2 minutos... en fonction de ça, le bus fonce pour combler son retard, ou ralentit pour diminuer son avance (mais ça je ne suis pas sûr que ça existe vraiment!).
Bref, le combi est une aventure dont on ne se lasse pas dans Lima... Mais sans une bonne carte et un brin d'espagnol, autant vous dire tout de suite que vous n'arriverez jamais a destination! D'ailleurs il m'a fallu un bon mois pour m'y faire! Vidéo YouTube : http://es.youtube.com/watch?v=XBtNsENSTSQ

Publié par gaspalima à 18:59:21 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (0) |

Les vendeurs ambulants | 10 décembre 2006

Voilà encore ce qui construit le charme de Lima, et qui a disparu de chez nous bien des années avant ma naissance. Les vendeurs ambulants. Don mon quartier, il y a trois types de commerce au porte à porte : les fruits, les boissons fraîches et glaces, et les aiguiseurs de couteaux. Chacun s'annonce à sa manière. Le vendeur de fruit, avec sa charrette, crie dans une sorte de haut parleur qui déforme sa voix et qui évoque vaguement les chants des muezzins de Fès : « Piña, Naranja, Papaye... » Le vendeur de glace, sur son tricycle, siffle dans une petite flûte enfantine au son strident. Quant à l'aiguiseur de couteaux, avec son monocycle, il descend rapidement la gamme d'une flûte de pan pour se faire remarquer. Mardi dernier, en l'entendant arriver alors que je buvais tranquillement mon café dans la charmante cour qui borde ma maison, j'ai couru chercher mon couteau pour le faire aiguiser. Le vieil homme bascule son engin, afin que le roue puisse tourner dans le vide, ainsi il peut l'entourer d'une courroie, et avec sa pédale de bois, la faire tourner et entraîner dans le mouvement la meule aiguiseuse...
Et puis il y a aussi les acheteurs, de bouteilles en plastique et de papier... Tout un « business » que j'avais déjà évoqué...
            En ville, un peu plus statiques, on trouve ainsi de nombreux cireurs de chaussures, des stands de tout et n'importe quoi à même le sol (couteaux, DVDs, CDs, journaux, cigarettes, chips...), et les plus incroyables de tous, les peseurs : équipés d'une simple balance, ils proposent aux passants de connaître leur poids exact contre la modique somme de 10 centimes !

Publié par gaspalima à 18:56:05 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (0) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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