Me voilà à Ayacucho, petite ville de 200 000 habitants, posée sur un plateau à 2 800 mètres d'altitude et encerclée par des monts encore verts...
La ville aux 33 églises, réputée aussi pour ses maisons coloniales, est dotée d'un charme indéniable. Accueilli par le soleil et un ciel bleu limpide à 7 heures du matin, j'ai posé mes affaires chez Ivan, un avocat avec qui je vais travailler et qui vit seul avec son fils de 9 ans, André.
Les conditions sont bien plus modestes que ce que j'ai connu à Lima, et la douche froide risque de ne pas être facile tous les jours, mais au moins je m'approche beaucoup plus de la réalité provinciale du Pérou. Je reste donc là jusqu'à nouvel ordre.
Ayacucho, c'est avec Huancavelica l'une des deux régions les plus pauvres du Pérou. L'ambiance de la ville est très rurale, tout le monde se connaît ou presque ; les paysans viennent vendre leurs produits dans des marchés animés et colorés, et donc partiellement Quechua hablante... Je pense d'ailleurs prendre quelques cours pour acquérir les bases...
Et puis la région est aussi tristement célèbre pour avoir accueilli les plus sanglantes batailles de l'Indépendance, et beaucoup plus récemment pour avoir été le berceau de la guérilla entre le Sentier Lumineux et le pouvoir militaire (1980-2000)... Thème sur lequel je vais travailler et dont je vous dirais plus au fur et à mesure.
La saison des pluies, qui s'étend de janvier à mars, s'est illustrée à 17 heures : des trombes d'eau soudaines qui ont transformé en moins d'une heure les rues pentues du centre en véritables torrents, qu'il faut donc traverser en sautillant, ce qui n'empêche pas les pieds de se tremper. Puis l'alcalmie.
Bref, la première impression, à chaud, est excellente et les gens paraissent bien accueillants. Jeudi, je commence le travail de terrain à Huanta, à 45 minutes de combi...