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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

Pukayacu II (2) | 17 avril 2007

Retour à la case départ. Retour dans les niches ou retour sous terre pour les quatre corps déterrés en début de semaine dernière.
Les choses se sont déroulées dans l'ordre suivant : lundi et mardi, les corps ont été exhumés ; le reste de la semaine a été consacré à leur examen, à l'hôpital de Huanta, par l'équipe d'anthropologues-légistes (discipline qui apparement n'existe que dans très peu de pays). De notre côté, avec Iván, nous avons démarché le Comité International de la Croix Roug, pour qu'il offre deux cercueils aux Cunto Tincopa, qui n'avaient pas les moyens de remplacer les vieilles caisses en bois déjà bouffées par le temps.
Victór Flores nous a aidé, en payant deux boîtes... de 110 cm sur 45! Un peu glauque, le samedi matin, de voir les anthropologues recomposer les squelettes, sortis en vrac de sacs en papier, dans des cercueils beaucoup trop petits...
            Cimetière vers midi... Petit discours du représentant du Ministère public, petite prière, et tous les professionnels s'en vont en nous laissant les quatre cercueils. Il ne reste plus qu'Alejandro, fils et frère de deux des victimes, sa mère, déjà vieille et qui ne parle pas un mot d'espagnol, et son oncle ; Marino, mari d'une des victimes et qui a été torturé avec elle, avant d'être relaché ; la belle-mère de la dernière victime et sa nièce ; et Karim, l'avocate.
Il a donc fallu jouer aux fossoyeurs... Charger les deux premiers cercueils, d'origine, et les remettre dans leurs niches. Charger les deux derniers et les remettre sous terre...
Longue matinée à la suite de laquelle Alejandro nous invitera tous à déjeuner.
Longue matinée qui certes m'a permit de créer des liens particuliers avec ces familles de victimes... Mais qui je l'avoue aura aussi achevé de m'affecter, pour si ce n'était pas encore fait...
Voir ces squelettes en décomposition... Avec une dentition encore parfaite, qui me laisse penser qu'ils les ont reconnu, eux, leurs proches, morts depuis 22 ans, torturés par des militaires qui coulent aujourd'hui une retraite dorée aux frais de l'Etat... Ce fils Cunto, 16 ans seulement, mort avec son père et son oncle... En laissant une mère et quatre frères et soeurs dont deux sont morts peu après de la typhoïde... Ces témoignages que je vais encore aller devoir recueillir avec mon petit dictaphone, dès demain...
Bref, je ne veux pas faire ici du sensationnel, ni de l'émotif gratuit... Simplement, j'ai abordé ce sujet, pendant deux mois, avec une froideur dont je me demandais si elle était normale, et voilà qu'aujourd'hui je ressens enfin la douleur qui a été vécue par ces gens... Ça ne me paraît pas négatif pour autant, ça me renforce même dans ma volonté de les aider.
Le résultat de ces exhumations est d'ailleurs positif : chacun des quatre crânes est très nettement percé en deux endroits par des balles. C'est ce que l'on cherchait, les militaires vont enfin pouvoir être inquiétés. Quelques photos de ces moments particuliers, en bas à droite... Et puis je profite de l'occasion pour ajouter quelques photos en vrac... Huayra Molino, escapade dont je n'ai pas parlé, aux alentours de Huanta...

Publié par gaspalima à 00:27:39 dans - Mon stage | Commentaires (4) |

Pukayacu II | 11 avril 2007

 

Lundi 9 avril, 10 heures du matin, rendez-vous devant la Municipalité de Huanta. Isaac et Marino sont déjà là, le second avec son fils et sa fille... Cinq autres personnes que je ne connais pas encore. Iván, mon logeur et avocat de ADEHR (l'ONG pour laquelle je fais mon stage), arrive quelques minutes plus tard. On attend encore Karim, avocate de ADEHR également... Elle n'arrive que peu avant 11 heures, les retardataires sont tous là. On file au cimetière.
L'équipe d'anthropologues-légistes arrive à midi, en compagnie du représentant du Ministère public. Les exhumations vont pouvoir commencer, alors que les témoignages des familles des victimes viennent d'être recueillis par le journaliste d'une radio locale.
Aujourd'hui, on sort les cadavres de Dionisia Villarroel Villanueva, feu épouse de Marino, et de Esperanza Ruiz Soto... Les cercueils ont été déposés il y a bientôt 22 ans dans des niches, à la façon locale... pour ceux qui en ont les moyens.
Pukayacu II : 7 août 1985, sept personnes soupçonnées d'être de mèche avec les terroristes sont assassinées par les Forces Armées, arbitrairement, après avoir été interrogées et torturées. 29 août, les corps sont découverts dans une fosse commune, à Pukayacu. Les militaires avouent avoir tué sept personnes, d'une balle derrière la tête. L'équipe de légistes chargée des exhumations à cette époque écrit dans son rapport que les corps découverts et identifiés n'ont pas été tué par arme à feu. Un classique à cette époque...
22 années plus tard, les corps sont de nouveau examinés. Si les légistes trouvent des traces de balle sur les crânes, l'affaire pourra être réouverte et les coupables inquiétés (certains sont encore en poste). Sinon, affaire classée, on n'en parle plus.
Le premier corps est donc sorti vers 13 heures, sous les yeux de la famille. Les anthropologues l'amènent bientôt à la morgue pour pouvoir l'analyser. Puis vient le tour du second que je vois de près, un squelette en décomposition, habillé et chaussé. Fin du premier acte.
Et premier coup de théâtre le lendemain matin : trois corps sur les sept prévus ne seront pas exhumés. Ils sont enterrés sous terre, dans la plaine des pauvres... Mais on n'est pas sûrs de l'emplacement exact, le risque serait de se tromper de sujets... Ce qui desservirait fortement l'enquête. La famille Palomino, qui est venue pour l'occasion d'une communauté située à cinq heures de Huanta, et qui ne sait toujours pas comment elle arrivera à payer son billet de retour (15 soles chacun, 3,75 euros), a de quoi être dépitée. De mon côté, j'en profite pour recueillir leurs témoignages. D'abord de Mercedario, 40 ans, qui a perdu son père dans cette affaire. Il me raconte les dix années d'exil de toute sa communauté. Leur village a été brûlé, ils se sont cachés dans les montagnes, dans des grottes, et dans quelques villages reculés. Ce n'est qu'en 1997 qu'ils sont rentrés chez eux, pour récupérer leurs quelques parcelles. Aujourd'hui, ils produisent tout juste de quoi se nourrir, et la peur ne les a pas vraiment quitté. Puis vient le tour des mamás qui ne parlent que quechua, mais un des fils est là pour traduire.
Pendant ce temps, et jusqu'à tard dans l'après-midi, les anthropologues se chargent de déterrer les corps de Alejandro Cunto Yaranga et de Faustino Cunto Tincopa (père et fils). Eux aussi ont été enterrés sous terre, avec une petite pierre gravée comme seule sépulture. Deux des autres fils d'Alejandro sont présents, la pelle à la main. Les restes des cercueils sont atteints en fin de matinée, dans un état déplorable. Les squelettes devront du coup être dépecés, répartis dans des sachets en papier. Les analyses appronfondies commencent ce mercredi 11 avril à la morgue de Huanta mais déjà, on a pu facilement reconnaître dans les crânes les trous percés par les balles... Exhumations qui partent bien. Quelques photos de ces moments en bas à droite.
(Les photos de couverture des journaux ci-dessus sont des photos d'archive)
                                                     

Publié par gaspalima à 22:09:15 dans - Mon stage | Commentaires (0) |

Semana Santa | 11 avril 2007

La Semana Santa d'Ayacucho est censée être la plus belle du Pérou... Voilà de quoi attirer les visiteurs.
Les festivités ont commencé en douceur, le jeudi 29 mars... Ambiance fête forraine sur une petite place d'Ayacucho, pommes d'amour et barbes à papa, les énormes tours en bambou nous ont offert l'une après l'autre une explosion de couleur, un tourbillon de pétarades, un spectacle vraiment joli et original...
1er avril, dimanche des rameaux, défilé de lamas et de chevaux, d'ânes et de leurs cavaliers...
Et mercredi, arrivée en masse des touristes. Parmi eux, Sandrine, débarquée d'Iquitos, Justine, de Puno, et Alex, un parisien que je ne connaissais pas encore mais qui a passé un mois et demi dans la même famille que moi, à Lima.
Prise de contact avec la ville, visite du Musée de la Mémoire, ANFASEP (dont je serais très certainement amené à parler prochainement), et le soir, procession autour de la Plaza de Armas, dont le sol a été recouvert pour l'occasion de gigantesques fresques de poussière colorée.
Le jeudi, premier jour ferié de la semaine, et alors qu'Ayacucho commence à vraiment prendre des allures de Cuzco avec tous ces gringos, on part en escapade, histoire de voir un peu la région... Combi jusqu'à Quinua, petit patelin situé une trentaine de kilomètres au Nord de la ville. Déjeuner au marché, chicharones et aji de gallina, et longue marche dans la vallée... Les paysages n'ont déjà plus grand chose à voir avec ce que je connaissais, et le soir, la lumière nous offre des couleurs splendides qui transforment tout ce qu'on avait déjà pu apprécier dans la journée. Cheminées de fée grandioses découvertes à la tombée de la nuit, qui nous surprend et nous oblige à finir la marche à la lampe torche... Le village d'Acosvinchos finit par s'offrir à nous, bien plus grand et bien plus animé que ce que l'on pensait... La mairie nous ouvre ses portes pour la nuit et nous trouve même des matelas, tandis que les villageois nous invitent à fêter avec eux l'anniversaire de la “tia” (la tante)... Caña (alcool de sucre de canne) et chicha de jora (maïs fermenté), danses sur le trottoir et bons contacts avec la population... C'est la deuxième fois seulement que des touristes arrivent jusqu'ici!
Le vendredi, après un rapide petit déjeuner, nous redécollons pour rejoindre Muyurina, ce qui nous prendra bien quatre heures de marche dans une vallée encore bien agréable et arrosée par un puissant fleuve. Arrivée à Muyurina, on se renseigne sur la fête électro qui aura lieu sur place le soir même et dont j'entends parler depuis un bon mois.
Fin d'après-midi à Ayacucho, dîner au marché de la Semana Santa, assiette de chorizo et verre de ponch à la cacahouète (spécialités de la Semaine Sainte qui ne sont servies qu'une semaine par an ; le chorizo n'a rien à voir avec la définition espagnole)... Et départ à Muyurina avec Jimmy et Aron... Pas encore grand monde sur place, mais l'ambiance laisse présager une bonne soirée... La tente est montée au milieu des autres dans une salle qui se transforme vite en salon d'apéro... Beaucoup de liméniens... Le décallage entre ceux de la capitale et les locaux est incroyablement frappant. Et puis le jardin se remplit et la fête commence vraiment, elle se prolongera jusqu'au lever du soleil... et même encore beaucoup plus tard.
Je rentre à Ayacucho vers midi et demi et dors une bonne partie de l'après-midi... Pas très en forme pour la dernière soirée de la Semana Santa. Un monde incroyable... Quelques bières sur la Plaza de Armas... Un jeu de capsules pour passer le temps, qui en quelques minutes crée un énorme attroupement autour de nous! Explosion des dernières tours de bambou et feu d'artifice à minuit, mais il faudrait attendre encore quatre heures pour pouvoir assister à l'ultime procession... C'est trop pour moi, et alors que la Plaza de Armas prend des allures festives et que l'alcool commence à en abîmer certains, je rentre me coucher.
Dimanche tranquille, férias artisanales peu convaincantes, ceviche puis “fondue” chez mon logeur, au queso andino et au vin blanc, et les visiteurs s'en vont après un week-end prolongé bien agréable... Quelques photos en bas à droite.

Publié par gaspalima à 18:45:16 dans - Ayacucho | Commentaires (0) |

La Flor de Retama | 30 mars 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vengan todos a ver hay vamos a ver(bis)

en la plazuela de Huanta, amarillito flor de retama

amarillito amarillando flor de retama (bis)

Donde la sangre del pueblo hay se derrama(bis)

Allí mismito florece amarillito flor de retama

amarillito amarrillando flor de retama(bis).

Por cinco esquinas están ,los sinchis entrando están (bis)

van a matar estudiantes, huantinos de corazón

amarillito, amarillando flor de retama (bis)

van a matar campesinos ,huantinos de corazón

amarillito amarillando flor de retama (bis)

La sangre del pueblo tiene rico perfume (bis).

huele a jazmines violetas geranios y margaritas

a pólvora y dinamita (bis)

a pólvora y dinamita!!carajo!! (bis)

Ce "huayno" raconte initialement la rebellion qui a eu lieu a Huanta (province voisine de la mienne) en 1969, rebellion étudiante à la suite d'un décret du gouvernement militaire qui demandait à tout élève ratant un cours de payer 100 soles, sous prétexte que l'éducation était gratuite... Et rebellion à laquelle les militaires ont répondu par le massacre de 20 à 50 personnes, selon les estimations. Mais ce huayno est également devenu un symbole des années de violence politique, de 1980 à 2000... Huanta détient le triste record du nombre de morts pendant cette période. (Huayno = chanson, complainte locale, qui pérennise "tous les moments de douleurs, de joie et de terrible lutte", dixit José María Arguedas.)

Publié par gaspalima à 01:22:25 dans - Ayacucho | Commentaires (0) |

Le Grand Sud | 26 mars 2007

 

 Jeudi 8 mars, début de soirée, les bagages faits, je quitte ma bourgade de Ayacucho, direction le Sud... Une première nuit de virages et un col à 4800 recouvert de neige, malheureusement presque indiscernable, et me voilà dans le désert côtier avant l'aube. Ica. Et un autre bus qui me dépose à 8 heures du matin à Nazca, je n'étais pas encore descendu aussi bas et le désert s'impose plus magistral que jamais, plus doux au regard qu'au Nord de Lima, plus clair, moins gris, mais toujours aussi sec, et les bicoques de carton installées dans cet univers de poussière qui vous donnent la chair de poule... Une petite oasis encaissée et parfaitement irriguée, et le désert à perte de vue. Nazca, huit heures d'attente dans un état transitoire, fatigue, chaleur et envie de se déchausser... Après les montagnes d'Ayacucho, le choc!
            Vers 16h, j'attrape au vol le Lima-Arequipa... Encore neuf longues heures de traversée du désert. L'océan apparaît peu avant la tombée de la nuit, juste après la traversée d'une brève oasis parsemée d'oliviers. Magistral, bordant ce désert de dunes.
            J'arrive à Arequipa à une heure du matin. Capucine, ma soeur aînée, m'a donné rendez-vous dans une auberge du centre. Elle s'y trouve avec toute sa belle famille : Olivier, ses parents et son frère Christophe. Les retrouvailles ont lieu le soir même.
            Arequipa, deuxième ville du pays, 2300 mètres d'altitude, posée sur un plateau encore très sec mais dominée au loin par des sommets enneigés, dont le fameux Misti, volcan culminant à plus de 5800 mètres. La ville blanche, réputée pour sa culture et le chauvinisme de ses gens. Ville qui a connu l'indépendance quelques jours et qui s'est toujours revendiquée ville à part.
            Architecture coloniale remarquable, ruelles propres et taxis homogènes, cette ville change en effet de ce que je connais du Pérou. L'ambiance... Visite du superbe monastère Santa Catalina, véritable ville dans la ville qui longtemps fut complètement coupée du monde extérieur. Ballade dans le quartier marchand, qui borde le marché principal. Concentré, animé, on passe des fruits et légumes au secteur du métal, puis à la grande feria du matériel scolaire motivée par la récente rentrée des classes.
            Moins de deux jours au final dans cette agréable ville qui vraiment me plaît et me laisse imaginer de belles choses. A peine le temps de s'en imprégner par un déjeuner au marché et quelques bières dans une vieille taverne, et l'on part pour Chivay, dans le canyon de Colca. Deuxième lieu le plus visité du Pérou après le Machu Pichu...
            Et pourtant, le village de Chivay, perché à 3600 m et qui borde le canyon en l'un de ses endroits les moins profonds, garde son atmosphère de petit village des Andes. On se trouve une pension très bon marché un peu excentrée et l'on profite tranquillement de cette fin de dimanche. La Plaza de Armas, démesurée par rapport à la taille du village, est entourée de pizzerías et de lieux touristiques... On y trouve même un Irish Pub! Mais vraiment, je suis surpris par l'authenticité du lieu, malgré toutes ces visites. On arrive d'ailleurs à se faire servir une soupe aux pates de poulet et un steack d'alpaca.
            Lundi et mardi, ballades dans le secteur. D'abord du côté de Cabanacondé, où l'on aura la chance de pouvoir admirer le vol des condors (au milieu de groupes de touristes français, belges et américains), puis vers Chivay... Vue sur les lointains sommets enneigés, cultures en terrasse fascinantes, et ce canyon tantôt profond de 1200 mètres et escarpé à vous en donner des frissons, tantôt ouvert et couvert d'une nature généreuse. Contacts sympas avec la population locale... Vraiment, endroit magnifique et finalement très bien préservé, sans doute du fait d'une volonté farouche de se protéger que l'on retrouvera d'ailleures tout au long du voyage. Quelques apéros et parties de coinche plus tard, le mercredi à 1 heure du matin, on part pour Puno, où l'on met les pieds vers midi après un beau parcours à travers l'Altiplano. Le lac Titicaca, un mythe qui prend forme...
             L'après-midi du vendredi est consacré à la flâne... Petite ballade dans cette ville minière plutôt agréable... Le centre, le marché artisanal, le port et le marché central (assez décevant), petite visite à Justine dans son centre d'économie solidaire... Et le lendemain, départ en bâteau pour l'île de Taquile. Petite pause au niveau des îles flottantes, dans la baie de Puno. Concept impressionant mais ambiance Disney Land : les habitants de ces minuscules îles de roseau accueillent notre bateau de gringos à coup de danses traditionnelles, et l'on se sent vite au zoo. Photo sur photo, entrée forcée dans ce qui reste d'intimité à ces gens, sur des îlots de 60 mètres  carré... et puis Taquile.
            Taquile, petite île de 5 km de long située à la sortie de la baie de Puno. Mille à mille deux cents habitants. A peine arrivé, on abandonne notre groupe de gringos qui repartira une heure et demie et un déjeuner en groupe plus tard. On prend une chambre chez l'accueillant Benjamín et on part à la découverte de cette île couverte de cultures en terrasses et parsemée d'eucalyptus.
            Une communauté aux rites encore bien conservés. Les hommes sont tous coiffés d'un bonnet pendant. S'il est entièrement rouge, c'est que l'homme en question est marié. Sinon, le bonnet est rouge et blanc. Les habitants que l'on croise durant notre ballade tricotent ou travaillent la laine en marchant... D'autres taillent des pierres pour la construction d'un nouveau bâtiment sur la Plaza Mayor... Les femmes portent des robes à milliers de volants et tous sont aimables avec nous.
            Le soir, dîner avec Benjamín et sa famille... Alors que l'orage commence à gronder, tous se mettent à siffler... pour le chasser. Notre hôte nous explique le fonctionnement de l'île. Le tourisme est la seule rentrée d'argent, le troc reste la pratique courante... Les quelques chambres d'hôtes et restaurants ouvrent à tour de rôle et une bonne partie des recettes est mise en commun. Les bateaux de tourisme sont régulés et tout est fair pour la préservation de la culture insulaire... Bien que depuis quelques années les mariages intercommunautaires soient autorisés...
            Après deux jours passés dans cet hâvre de paix, nous rejoignons Puno. Capucine et Olivier partent le soir même pour Cusco, tandis qu'avec Christophe, nous traversons la frontière bolivienne le lendemain matin (samedi)... En ce qui me concerne, uniquement pour une histoire de visa... Deux petites heures à Copacabana, le temps de manger avec les parents d'Olivier et Christophe, en Bolivie depuis une semaine... Et retour chaotique à Puno... Obligé de corrompre un douanier bolivien pour obtenir mon bon de sortie, et malade comme un chien durant tout le retour. Donc nouvelle nuit à Puno et le dimanche à 6 heures, bus pour Cusco. Huit longues heures...
            Cusco. Ou plutôt Ollantaytambo, dans la vallée sacrée, lieu de rendez-vous avec Capu et Olivier, en fin d'après-midi. Petit village inca, magnifique, tout de pierre et d'adobe. Eux ont visité l'onéreux Machu Pichu dans la journée. Lundi, visite du site d'Ollantaytambo, puis retour à Cusco dans l'après-midi...
            Cusco, bondé de gringos malgré la saison basse, mais il faut l'admettre, ville exceptionnelle. L'ambiance n'est pas des plus péruviennes et le nombre de restaurants et magasins de luxe est frappant, mais les ruelles bordées de ces immenses pierres de l'époque inca ont un charme inouï.
            Grosse soirée le lundi et donc mardi coupé en deux... Ballade urbaine au programme alors que le mercredi matin, nous sommes allé visiter les sites de Tambomach'ay et de Sacsaywaman. L'après-midi nous a permis de maudire le bolleto turistico, cher et qui pourtant donne accès à peu de choses dans la ville. Dernières parties de cartes autour d'une Cusqueña... Et je repars vers Ayacucho, tandis que le voyage de Capucine et Olivier s'achève le lendemain.
            Départ 19 heures pour moi, arrivée à 6h15 à Andahuaylas... et je remonte quinze minutes plus tard dans un nouveau bus, c'est parti pour onze heures et demi de piste abîmée... Paysages magnifiques, traversée de l'Apurimac, arrivée dans la région d'Ayacucho au niveau du Rio Pampas, puissant fleuve bordée d'impressionantes parois sèches mais au bord duquel les villages sentent déjà la selva... Bananiers et papayes, terrains de foot occupés, chaleur et ambiance détendue.
            Et encore pas mal de longueurs, sur mon siège non inclinable placé juste au-dessus des roues arrières... avant Ayacucho, 18 heures. Fin d'un beau voyage. Pour les photos, en bas à droite...

Publié par gaspalima à 17:44:40 dans - Escapades | Commentaires (0) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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