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Vendredi matin, à 6h30 après une nuit de car étonnement confortable, nous sommes arrivés à Huaraz, à 3080 m d'altitude, petite ville de 80 000 habitants bordée à l'Est par la Cordillère Noire, sur laquelle s'échouent les vents frais du Pacifique, protégeant ainsi à l'Ouest de Huaraz la majestueuse Cordillère Blanche. Nous avons vite trouvé une petite pension familiale, la Casa de Nelly, et après un petit repos, nous avons pris un combi pour Wilcawain, 27 dans un petit Toyota initialement prévu pour 9 petits gabarits ! Petit site archéologique datant du X ème siècle, pyramide à plate-forme construite par la civilisation pré Inca des Wain, le site permet surtout d'avoir une belle vue sur la Cordillère Noire et de s'acclimater en douceur à l'altitude (on est déjà à 3500). Après la visite, nous sommes redescendus à pieds jusqu'à Monterrey, ballade agréable d'une bonne heure en mode tranquille, occasion de croiser les Quechuas des hauteurs et de traverser un petit village indien perché. Puis nous nous sommes détendus dans les bains thermaux de Monterrey.
En rentrant à Huaraz, nous avons décidés du programme du lendemain avec l'aide de Julio (merci Christophe !) et nous avons mangé une bonne truite du coin.
Le samedi, le réveil a sonné à 5h... Un peu rude ! Difficile de trouver un boui-boui ouvert pour prendre le petit-déjeuner, pas plus facile de trouver le pic nique du midi, mais finalement nous sommes dans le combi dès 7h, direction Llupa. La seule chose qu'on n'ait pas pu acheter est la crème solaire, et croyez-moi, on s'en repent encore !
Llupa, au bout d'un piste d'une vingtaine de kilomètres... Petit village de laquelle la marche d'approche commence. Une heure et quart en pente douce jusqu'à Pitec, paysages magnifiques, et surtout l'occasion d'observer un peu la vie des Quechuas, qui doivent faire ce chemin dans un sens ou dans l'autre tous les jours avec ou sans leurs bêtes... On en croise donc énormément, qui nous saluent plus chaleureusement les uns que les autres, c'est vraiment incroyable, ils ont tous un sourire béat aux lèvres ! Par contre, photo interdite !
Puis l'on arrive au petit hameau de Pitec, composé de quelques maisons rondes de pierre et de chaume, à presque 4000 m d'altitude. On trouve encore à cette hauteur de nombreux champs cultivés ! Le treck commence vraiment ici. Deux bonnes heures de montée assez raide, sous une chape de plomb, avec en ligne de mire le sommet de Churup (le routard annonce 5h de montée et 30 minutes d'escalade, heureusement c'est exagéré !). La vue sur la Cordillère Blanche se dégage tandis que l'on domine de plus en plus les arrêtes de la Noire, et que Huaraz apparaît encaissée dans la vallée. Vers 11h30, on arrive à la laguna Churup, à 4 450 m d'altitude, autant dire que cette ballade est un bon décrassage pour les poumons du fumeur invétéré que je suis ! Le lac est magnifique, l'air est pur et frais, le pic nique un peu sommaire et la sieste un peu inconsciente sous ce violent soleil ! Le sommet enneigé nous domine de ces cinq et quelques mille mètres d'altitude.
La redescente est plus tranquille, la respiration se régularise, et nous arrivons à Huaraz vers 16h après une magnifique journée de marche, bien épuisante !
Naturellement, nous allons boire une bière en terrasse, occasion de rencontrer Alex et Rodrigo avec qui nous faisons finalement table commune... Pourtant, au moment de payer, la serveuse demande plus aux gringos qu'au locaux... Pourquoi ça serait plus cher pour nous ?! « Porqué ellos son peruanos ! » Ça a le mérite d'être franc ! Cinquante centimes de plus par bière pour les blancs ! Juste pour le principe ! Bref, après quelques négociations, par principe aussi, on va manger une pizza totalement indigeste et la journée se finit assez rapidement !
Le dimanche, dernier jour à Huaraz, décimés par les violents coups de soleil et par le dîner de la veille, on décide de profiter tranquillement de l'ambiance de la ville. Le midi, Nelly, notre vieille et charismatique hébergeuse, nous amène dans la vieille rue José Olaya, la seule qui ait survécu au tremblement de terre de 1970, la plus charmante de toutes ! Des petits restaurants pour tous de part et d'autres, on goûte donc les spécialités locales : le Jamón (jambon cuit digne de celui des parents de Justine !), le picante de cuy (civet de cochon d'Inde), et la Pachamanca (poulet, semoule de maïs...), accompagné de Chica de Jora (boisson de maïs). C'est aussi l'occasion de discuter avec les gens du coin, puisqu'ici les tables sont ouvertes à tous, on mange donc avec une famille...
Puis nous allons jeter un œil aux piscicultures, des truites à gogo, et on laisse la journée se consumer tranquillement. La saison des pluies, jusqu'à là formidablement discrète, se fait apprécier en fin d'après-midi, au moment où elle nous dérange le moins... Et 21h30, Robin prend son bus pour Trujillo, le Nord du pays, tandis qu'à 22h30 je prend le mien pour regagner Lima. Arrivée à 5h du matin et fin d'un beau week-end dans la Sierra. Dans deux semaines, les vacances !
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