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Un gringo au Pérou

Petites histoires et impressions

La Caleta Vidal | 10 décembre 2006

Vendredi, fête de l'Immaculée Conception, jour férié. Jeudi, comme le gouvernement en a à distribuer, jour férié, également. Jeudi soir, grosse soirée. Comme il se doit. Arrivée chez moi vers 8h du matin ; 10h à Miraflorès ; 11h, on est prêts, les courses sont faites, la tente et le sac de couchage sur le dos, on part deux jours camper sur une plage du Nord, à quelques 180 km de Lima... Arrivée 16h, et oui le Pérou est bien loin du TGV... La Caleta Vidal.
 
            Petit village de bord de mer, de pêcheurs, petit village tout de sable vêtu, havre de paix, ambiance quasi-mystique à la nuit venue... Rafael, Katy et Mauricio, trois amis de longue date, cinquantenaires qui vivent ici une partie de l'année, nous accueillent au crépuscule, après la plage ; ils nous offrent le dîner, l'hébergement et nous racontent la vie et les personnages du village...
 
            Le sempiternel nu-pieds, qui le jour où il a porté sa première et unique paire de chaussures, a fait quinze fois le tour de la place du village en fixant ses pieds, avant de finalement se déchausser et de jeter les zapatos lacées ensemble ; elles sont restées plusieurs semaines accrochées aux fils électriques, entre deux poteaux.
            Le vieil avare qui se fait passer pour un fou, les multiples couples liméniens qui se sont rencontrés dans ce village envoûtant, le jour où l'électricité est arrivée, puis l'éclairage public, les parties de pêche, les fêtes traditionnelles, les réveillons, l'anniversaire du vieux Juan qui ce jour-là a porté crânement sa première cravate... Voilà pour le vendredi.
            Au passage, Mauricio m'a fait cadeau d'une toute petite amphore trouvée dans les parages au milieu de milles et une merveilles datant d'avant l'an 0...
            Le jeudi, on est allés à Caral. Au kilomètre 184 de la Panaméricana Norte, se trouve le chemin qui mène à la ville la plus ancienne de toute l'Amérique... Une heure et demie de piste à 8 dans un taxi 5 places (23 km) pour remonter 4900 ans d'histoire... Indiqué dans aucun des guides que j'ai parcouru jusqu'à présent, le site est perdu au milieu du désert.
 
 Une bonne heure de visite, puis nous sommes allés un peu plus loin, dans le village de Caral, où ont lieu les fêtes annuelles à cette période. Habits traditionnels indiens, musique et danses, nous sommes vite invités sur la piste sableuse, la troupe se déplace de maison en maison pour la célébration... La Chicha Jora (boisson de maïs faiblement alcoolisée) ne m'aide pas particulièrement à m'endiabler mais le résultat a le mérite de faire rire les autochtones !
            Après l'épisode Caral, nous sommes retournés à la Caleta, histoire de profiter un peu de la plage, de prendre en se qui me concerne mon tout premier bain dans un Pacifique glacé (les courants chauds sont bien plus au Nord), avant de regagner Lima en début de soirée, en bus après une tentative de stop ratée...
 
            Voilà le bilan de deux jours hors de Lima avec de vrais liméniens, très vite passés mais si dépaysant...
            Les photos sont sur votre droite... !



Publié par gaspalima à 22:58:37 dans - Escapades | Commentaires (0) |

Les combis de Lima | 10 décembre 2006


 

Pour aller d'un point à l'autre dans la gigantissime ville de Lima, et d'ailleurs comme dans n'importe quelle ville, on se tourne vers les transports en commun... Mais ici, c'est un monde à part! Déjà, l'on a systématiquement affaire à des compagnies privées... Ce qui fait que, comme si cela partait d'un consensus commun entre concurrents, les véhicules ont en moyenne une quinzaine d'année... La majorité sont des petits combis Toyota, dans lesquels on rentrerait à 7 chez nous tout au plus ; inutile de vous dire comme l'on s'y entasse ici!
Toujours deux mecs de la compagnie : un qui conduit, l'autre qui recrute! Debout contre la porte coulissante, il s'époumone à faire sa pub, "Javier Prado Javier Prado, toda La Marina, Arequipa, todo Arequipa"... et j'en passe! Les gens arrêtent la vieille carcasse sur simple signe de la main, ce sur quoi le rabatteur enchaine par un "sube, sube" pressant (montez, montez)... Pour descendre, meme genre de mic-mac : chacun annonce a son tour "Baja, baja... a la ezquina baja... banco baja... Plaza Vea baja"!
Bref chaque déplacement est un véritable voyage, d'autant plus que bien souvent, ca prend une bonne heure ; on observe sans se lasser toute cette animation et les gens, l'un qui dort (il y en a toujours un ou une pour dormir!), l'autre qui se précipite à la porte du combi, au feu rouge, pour héler le vendeur d'ananas, et puis les multiples vendeurs de bonbons qui montent dans le véhicule... Chacun déballe son discours appitoyant, certains sont plus originaux que d'autres, alors en fonction de ça, on achète ou non...
Et puis dehors, c'est le chaos, les klaxons retentissent de partout, les petits combis se faufilent entre les lignes, grillent la politesse, et continue de héler tous les passants pour pouvoir amasser quelques piécettes en plus, contre le "pasaje"... Toutes les dix ou quinze minutes, un individu posté à un carrefour annonce au rabatteur son score : 7 minutos ; 2 minutos... en fonction de ça, le bus fonce pour combler son retard, ou ralentit pour diminuer son avance (mais ça je ne suis pas sûr que ça existe vraiment!).
Bref, le combi est une aventure dont on ne se lasse pas dans Lima... Mais sans une bonne carte et un brin d'espagnol, autant vous dire tout de suite que vous n'arriverez jamais a destination! D'ailleurs il m'a fallu un bon mois pour m'y faire! Vidéo YouTube : http://es.youtube.com/watch?v=XBtNsENSTSQ

Publié par gaspalima à 18:59:21 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (0) |

Les vendeurs ambulants | 10 décembre 2006

Voilà encore ce qui construit le charme de Lima, et qui a disparu de chez nous bien des années avant ma naissance. Les vendeurs ambulants. Don mon quartier, il y a trois types de commerce au porte à porte : les fruits, les boissons fraîches et glaces, et les aiguiseurs de couteaux. Chacun s'annonce à sa manière. Le vendeur de fruit, avec sa charrette, crie dans une sorte de haut parleur qui déforme sa voix et qui évoque vaguement les chants des muezzins de Fès : « Piña, Naranja, Papaye... » Le vendeur de glace, sur son tricycle, siffle dans une petite flûte enfantine au son strident. Quant à l'aiguiseur de couteaux, avec son monocycle, il descend rapidement la gamme d'une flûte de pan pour se faire remarquer. Mardi dernier, en l'entendant arriver alors que je buvais tranquillement mon café dans la charmante cour qui borde ma maison, j'ai couru chercher mon couteau pour le faire aiguiser. Le vieil homme bascule son engin, afin que le roue puisse tourner dans le vide, ainsi il peut l'entourer d'une courroie, et avec sa pédale de bois, la faire tourner et entraîner dans le mouvement la meule aiguiseuse...
Et puis il y a aussi les acheteurs, de bouteilles en plastique et de papier... Tout un « business » que j'avais déjà évoqué...
            En ville, un peu plus statiques, on trouve ainsi de nombreux cireurs de chaussures, des stands de tout et n'importe quoi à même le sol (couteaux, DVDs, CDs, journaux, cigarettes, chips...), et les plus incroyables de tous, les peseurs : équipés d'une simple balance, ils proposent aux passants de connaître leur poids exact contre la modique somme de 10 centimes !

Publié par gaspalima à 18:56:05 dans - Petites histoires liméennes | Commentaires (0) |

Nouvelles photos... Huaraz, la Cordillera Blanca... Un clic en bas a droite... Le texte est ci-dessous... Et la semaine precedente encore en dessous! Des nouvelles a la pelle! | 05 décembre 2006

Publié par gaspalima à 01:18:41 dans - Escapades | Commentaires (0) |

Huaraz, les portes de la Cordillera Blanca (Je sais, le cadre gris est illisible, mais vous ne ratez rien de tres important!) | 05 décembre 2006

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Vendredi matin, à 6h30 après une nuit de car étonnement confortable, nous sommes arrivés à Huaraz, à 3080 m d'altitude, petite ville de 80 000 habitants bordée à l'Est par la Cordillère Noire, sur laquelle s'échouent les vents frais du Pacifique, protégeant ainsi à l'Ouest de Huaraz la majestueuse Cordillère Blanche. Nous avons vite trouvé une petite pension familiale, la Casa de Nelly, et après un petit repos, nous avons pris un combi pour Wilcawain, 27 dans un petit Toyota initialement prévu pour 9 petits gabarits ! Petit site archéologique datant du X ème siècle, pyramide à plate-forme construite par la civilisation pré Inca des Wain, le site permet surtout d'avoir une belle vue sur la Cordillère Noire et de s'acclimater en douceur à l'altitude (on est déjà à 3500). Après la visite, nous sommes redescendus à pieds jusqu'à Monterrey, ballade agréable d'une bonne heure en mode tranquille, occasion de croiser les Quechuas des hauteurs et de traverser un petit village indien perché. Puis nous nous sommes détendus dans les bains thermaux de Monterrey.
En rentrant à Huaraz, nous avons décidés du programme du lendemain avec l'aide de Julio (merci Christophe !) et nous avons mangé une bonne truite du coin.

Le samedi, le réveil a sonné à 5h... Un peu rude ! Difficile de trouver un boui-boui ouvert pour prendre le petit-déjeuner, pas plus facile de trouver le pic nique du midi, mais finalement nous sommes dans le combi dès 7h, direction Llupa. La seule chose qu'on n'ait pas pu acheter est la crème solaire, et croyez-moi, on s'en repent encore !
Llupa, au bout d'un piste d'une vingtaine de kilomètres... Petit village de laquelle la marche d'approche commence. Une heure et quart en pente douce jusqu'à Pitec, paysages magnifiques, et surtout l'occasion d'observer un peu la vie des Quechuas, qui doivent faire ce chemin dans un sens ou dans l'autre tous les jours avec ou sans leurs bêtes... On en croise donc énormément, qui nous saluent plus chaleureusement les uns que les autres, c'est vraiment incroyable, ils ont tous un sourire béat aux lèvres ! Par contre, photo interdite !
Puis l'on arrive au petit hameau de Pitec, composé de quelques maisons rondes de pierre et de chaume, à presque 4000 m d'altitude. On trouve encore à cette hauteur de nombreux champs cultivés ! Le treck commence vraiment ici. Deux bonnes heures de montée assez raide, sous une chape de plomb, avec en ligne de mire le sommet de Churup (le routard annonce 5h de montée et 30 minutes d'escalade, heureusement c'est exagéré !). La vue sur la Cordillère Blanche se dégage tandis que l'on domine de plus en plus les arrêtes de la Noire, et que Huaraz apparaît encaissée dans la vallée. Vers 11h30, on arrive à la laguna Churup, à 4 450 m d'altitude, autant dire que cette ballade est un bon décrassage pour les poumons du fumeur invétéré que je suis ! Le lac est magnifique, l'air est pur et frais, le pic nique un peu sommaire et la sieste un peu inconsciente sous ce violent soleil ! Le sommet enneigé nous domine de ces cinq et quelques mille mètres d'altitude.
La redescente est plus tranquille, la respiration se régularise, et nous arrivons à Huaraz vers 16h après une magnifique journée de marche, bien épuisante !
Naturellement, nous allons boire une bière en terrasse, occasion de rencontrer Alex et Rodrigo avec qui nous faisons finalement table commune... Pourtant, au moment de payer, la serveuse demande plus aux gringos qu'au locaux... Pourquoi ça serait plus cher pour nous ?! « Porqué ellos son peruanos ! » Ça a le mérite d'être franc ! Cinquante centimes de plus par bière pour les blancs ! Juste pour le principe ! Bref, après quelques négociations, par principe aussi, on va manger une pizza totalement indigeste et la journée se finit assez rapidement !

Le dimanche, dernier jour à Huaraz, décimés par les violents coups de soleil et par le dîner de la veille, on décide de profiter tranquillement de l'ambiance de la ville. Le midi, Nelly, notre vieille et charismatique hébergeuse, nous amène dans la vieille rue José Olaya, la seule qui ait survécu au tremblement de terre de 1970, la plus charmante de toutes ! Des petits restaurants pour tous de part et d'autres, on goûte donc les spécialités locales : le Jamón (jambon cuit digne de celui des parents de Justine !), le picante de cuy (civet de cochon d'Inde), et la Pachamanca (poulet, semoule de maïs...), accompagné de Chica de Jora (boisson de maïs). C'est aussi l'occasion de discuter avec les gens du coin, puisqu'ici les tables sont ouvertes à tous, on mange donc avec une famille...
Puis nous allons jeter un œil aux piscicultures, des truites à gogo, et on laisse la journée se consumer tranquillement. La saison des pluies, jusqu'à là formidablement discrète, se fait apprécier en fin d'après-midi, au moment où elle nous dérange le moins... Et 21h30, Robin prend son bus pour Trujillo, le Nord du pays, tandis qu'à 22h30 je prend le mien pour regagner Lima. Arrivée à 5h du matin et fin d'un beau week-end dans la Sierra. Dans deux semaines, les vacances !

Publié par gaspalima à 01:14:42 dans - Escapades | Commentaires (3) |

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Présentation

28 juillet 2007, retour à Lyon après 10 mois passés au Pérou, entre Lima et Ayacucho. L'aventure s'arrête et avec elle, ce blog. Merci à tous ceux qui m'ont suivi à travers lui durant cette extraordinaire année. N'hésitez pas à me contacter à l'adresse suivante : gasamoreau@gmail.com 
A bientôt!
Gaspard

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