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La fabuleuse hospitalité des habitants de Huatuscalla


 <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>            Samedi matin, j'avais une reunion à Huanta, la toute petite capitale de la province frontalière à la mienne, celle de Huamanga. Il s'avère qu'elle a été annulée, forcément, il y avait trois personnes sur les quinze attendues, très décevant mais ce n'est pas de ça dont j'ai envie de vous parler. Car après nous sommes partis marcher, avec un ami, dans les environs de Huanta. Trois heures de ballade agréable sur une piste accidentée, à croiser des locaux tous plus chaleureux les uns que les autres... "Et gringo, où vas-tu?", "Eh gringo, goute mes tunas (figues de barbarie)!", et je vous en passe. Après une dizaine de kilomètres, on arrive au pieds d'une dernière petite colline à gravir, de laquelle la vue sur le spectaculaire canyon de Huatuscalla est imprenable. La pause s'impose, alors que le ciel prend des allures menaçantes et que nous n'avons pas de tente pour passer la nuit... qui s'approche à grand pas! Nous redescendons vers 18 heures au pieds de la colline, où se trouve un hameau de dix maisons tout au plus. Nous avions déjà repéré la sommaire chapelle aux portes ouvertes, nous demandons au premier villageois d'y passer la nuit : quelle question! Bien sûr, soyez les bienvenus! Et ce n'est qu'un début... Voilà qu'un homme qui revient des champs vient nous offrir huit mangues. La nuit tombe vite, le froid arrive, on s'installe dans un confort spartiate, sur un sol dur et caillouteux... Mais la mamacita d'en face vient nous proposer des couvertures en quechua... Ses quelques mots d'espagnol nous permettent finalement de la comprendre et de la remercier comme il se doit. Après quelques heures allongé en vain, à observer les trous au plafond et à écouter l'orage gronder au loin, je sors sous une nuit très claire ; c'est la pleine lune. Le sommeil ne me vient pas et je fume une cigarette... Deux silhouettes se dégagent au loin et s'approchent, ce sont deux femmes qui me signalent avoir apperçu deux voleurs de bêtes dans les parages, mais que ne l'on s'en fasse pas, le village veille...
           
Et vient le sommeil, à peine gêné par la pluie qui dégouline jusqu'à nous. Le dimanche, on se lève dès 7 heures, le brouillard bouche la vue et la pluie n'a pas cessé, mais le village vit déjà, au rythme de la lumière (il n'ont pas d'électricité). Le voisin vient nous offrir des bananes, puis celui de la maison du fond vient nous chercher : il est temps de prendre le petit-déjeuner! Une soupe chaude, un avocat, du maïs grillé... Et une tisane chez la vieille voisine... Avant de repartir vers 9h30 sous une pluie de plus en plus fine. Quel accueil incroyable! Redescente glissante, sur un terrain boueux, mais le soleil apparaît et donne des couleurs magnifiques à toute la vallée. Nous regagnons Huanta vers midi, et après un petit tour dans le spectaculaire marché dominical, qui fonctionne encore beaucoup au troc, nous rejoignons Ayacucho, éblouis par la générosité de ces gens. Quelques photos en bas à droite...
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